La Tunisian Saudi Bank (TSB) traverse une phase financière délicate, marquée par une dégradation notable de ses fonds propres, devenus négatifs à -126,5 millions de dinars au 31 décembre 2024. Cette situation fragilise la solidité financière de la banque et soulève des interrogations quant à sa capacité à respecter les exigences prudentielles. L’établissement a clôturé l’exercice sur une perte nette de 81,1 millions de dinars, accentuant le déficit déjà enregistré en 2023.

Dans leur rapport, les commissaires aux comptes des cabinets Finor et S.N.H. alertent sur l’existence d’une incertitude significative concernant la continuité de l’exploitation. Ils indiquent que la TSB ne respecte plus les dispositions de l’article 48 de la loi bancaire relatives au capital minimum, ni les ratios de solvabilité exigés par la Banque Centrale de Tunisie (BCT).

L’activité bancaire a connu un net ralentissement. Le produit net bancaire (PNB) s’est contracté de 13,86 %, pour s’établir à 11,3 millions de dinars, sous l’effet notamment d’une baisse de 13,1 % de l’encours net des crédits à la clientèle, ramené à 497,6 millions de dinars. Les charges d’exploitation absorbent désormais l’intégralité de la marge générée, avant même la prise en compte du coût du risque, réduisant fortement la capacité de création de valeur et de liquidités.

Paradoxalement, la banque continue d’attirer l’épargne. Les dépôts clientèle ont progressé de 11,4 % pour atteindre un niveau record de 878,5 millions de dinars. Cette dynamique est portée essentiellement par la forte hausse des dépôts à vue (+26,1 %) et des comptes d’épargne (+16,9 %), traduisant une certaine confiance des déposants malgré la détérioration des fondamentaux financiers.

Sur le plan commercial, la dynamique demeure contrastée. Si les commissions ont affiché une croissance de plus de 4 %, cette évolution a été neutralisée par le repli de 4,3 % des revenus issus du portefeuille-titres commercial. Par ailleurs, les intérêts et revenus assimilés, pilier de l’activité bancaire, ont reculé de 3,4 %, accentuant la pression sur les résultats dans un contexte de charges fixes peu flexibles.

La pérennité de la TSB dépend désormais de la mise en œuvre effective de son plan de recapitalisation. Une augmentation de capital de 100 millions de dinars, décidée lors de l’Assemblée Générale Extraordinaire du 3 avril 2024 et validée par l’État tunisien à travers la loi n°47-2024 du 4 novembre, n’était toutefois pas encore finalisée sur le plan comptable à la clôture de l’exercice. Parallèlement, la direction a soumis à la BCT un plan d’affaires couvrant la période 2024-2028, visant à rétablir les équilibres financiers, renforcer les ratios prudentiels et permettre à la banque de sortir durablement de la zone de risque réglementaire.


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