Le secteur financier en Tunisie a connu, durant la période allant du 23 au 25 juin 2026, une grève générale touchant les banques, les compagnies d’assurance et les établissements financiers. Ce mouvement est intervenu à l’appel de la Fédération Générale des Banques et des Établissements Financiers, afin de revendiquer l’activation de l’augmentation salariale et l’application des accords précédents, outre la révision de certaines questions juridiques, dont le refus de l’application de l’article 412 (deuxième paragraphe) du Code de Commerce.

En expliquant les raisons de cette escalade, Sami Salhi, Secrétaire Général de la Fédération Générale des Banques et des Établissements Financiers, a affirmé, dans des déclarations médiatiques précédant la grève, que ce mouvement est une réponse à la rupture des négociations sociales par le Conseil Bancaire et Financier (CBF), soulignant que la décision d’interrompre les négociations représente « une violation de la loi et de la convention collective sectorielle ».

Sur le terrain, ce mouvement de protestation s’est caractérisé par une disparité des niveaux de mobilisation entre les différentes institutions financières. Dans ce contexte, une activité remarquable a été enregistrée par le syndicat de base d’Attijari Bank, dirigé par son Secrétaire Général Ahmed Jaziri, qui a adopté un plan de communication et de mobilisation intensif pour échanger avec les employés. Cela en a fait un acteur incontournable et l’une des structures syndicales les plus efficaces et influentes dans le déroulement de la grève.

Au niveau de la participation réelle, les taux de réponse ont varié d’une institution à l’autre. Alors que la présence d’un certain nombre d’employés dans quelques banques et l’exercice de leurs fonctions ont été enregistrés (pratique connue sous le nom de « briser la grève »), les données ont montré que les employés d’Attijari Bank ont affiché des taux d’engagement élevés, figurant parmi les catégories les plus disciplinées face à l’appel syndical par rapport au reste des travailleurs du secteur.

En dehors de l’enceinte des institutions financières, la grève a eu un écho large et contrasté dans la rue tunisienne. L’opinion publique s’est divisée entre partisans du mouvement et personnes mécontentes de ses répercussions ; une partie des citoyens a fait preuve de compréhension envers les revendications des travailleurs compte tenu de la baisse du pouvoir d’achat, considérant que la grève est un droit garanti par la loi pour défendre les acquis.

En revanche, une large catégorie de Tunisiens, notamment les chefs d’entreprise et les retraités, a exprimé son vif mécontentement quant au timing de la grève, qui a coïncidé avec les dates de versement des pensions et du paiement des factures. Les critiques ont souligné, comme l’a également mentionné le communiqué du Conseil Bancaire et Financier, que l’interruption des services et le manque de liquidité dans certains distributeurs automatiques ont causé la perturbation d’intérêts vitaux qui ont porté préjudice aux particuliers et aux entreprises.

Avec la fin des trois jours de grève, et l’entrée du secteur dans la phase d’évaluation des résultats et des pertes, la question la plus importante posée sur la scène économique demeure : cette grève générale constituera-t-elle un choc suffisant pour ramener les parties à la table de dialogue et signer les accords en suspens, ou la scène financière en Tunisie connaîtra-t-elle de nouvelles vagues d’escalade et de mouvements de protestation dans les mois à venir ?

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